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Les 10 phares incontournables d'Israël

La côte méditerranéenne d'Israël, longue d'environ 190 kilomètres, est l'une des franges maritimes les plus chargées d'histoire de la planète. Les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Croisés, les Ottomans et les Britanniques y ont successivement établi des ports et des systèmes de balisage pour guider leurs navires vers des rades souvent exposées aux tempêtes d'hiver. L'infrastructure lumineuse moderne date principalement de la période ottomane tardive (fin XIXe siècle) et du mandat britannique en Palestine (1920-1948), qui a construit plusieurs tours remarquables sur le modèle des phares Trinity House. À l'indépendance en 1948, Israël a hérité de ce réseau et l'a progressivement étendu ; aujourd'hui les phares sont gérés par la Direction de la navigation maritime du ministère des Transports. La côte israélienne est dépourvue d'îles et de récifs dangereux, mais des ports encombrés et des zones militaires côtières donnent toute leur importance aux aides à la navigation.

1. Phare de Jaffa, Tel Aviv-Jaffa

Jaffa est l'un des plus anciens ports continus du monde, utilisé depuis au moins 4 000 ans. Le phare actuel, une tour octogonale en pierre de 17 mètres construite par les Ottomans en 1865 sur les remparts de la vieille ville, se dresse à l'extrémité du promontoire rocheux au-dessus du port historique. Son feu à éclats blancs toutes les quatre secondes est visible à 12 milles nautiques et signale le port de Jaffa et les brisants rocheux qui entourent le promontoire. C'est aujourd'hui le phare le plus visité d'Israël, intégré dans la vieille ville de Jaffa réhabilitée en quartier artistique et gastronomique. La tour elle-même n'est pas ouverte au public, mais elle est librement visible depuis les ruelles pavées de la vieille ville.

2. Phare de Stella Maris, Haïfa

Le phare de Stella Maris occupe le sommet du mont Carmel, à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans l'enceinte du monastère carme de Stella Maris. Construit par les Britanniques en 1904 pour remplacer un feu ottoman antérieur, le phare est une tour cylindrique blanche de 12 mètres perchée sur le monastère lui-même, ce qui lui confère une hauteur focale exceptionnelle d'environ 220 mètres. Son feu à éclats groupés (deux éclats toutes les dix secondes) porte à 22 milles nautiques et couvre les abords de la baie de Haïfa et l'entrée du port de commerce. Haïfa est le principal port israélien, et Stella Maris le guide depuis la haute mer. Le monastère est ouvert aux visiteurs ; l'accès au phare proprement dit est limité.

3. Phare d'Akko (Saint-Jean-d'Acre), Akko

Akko, l'antique Saint-Jean-d'Acre des Croisés, conserve dans sa vieille ville ottomane classée au patrimoine mondial de l'Unesco un phare du XIXe siècle construit sur les remparts maritimes. La tour carrée en pierre calcaire de 14 mètres, érigée par les Ottomans vers 1870, marque l'entrée du port historique d'Akko et signale les récifs immergés du cap al-Naqura à quelques milles au nord. Le feu à secteurs (blanc dans le chenal, rouge sur les hauts-fonds) porte à 10 milles nautiques. La vieille ville d'Akko est un site exceptionnel pour la visite : les remparts, les bains ottomans et les salles des Croisés sont à quelques pas du phare, qui est visible depuis le quai des pêcheurs.

4. Phare d'Ashdod, Ashdod

Ashdod est le plus grand port à conteneurs d'Israël, construit dans les années 1960 sur une côte sablonneuse qui ne possédait auparavant aucun abri naturel. Le phare du brise-lames nord du port, une tour de béton de 25 mètres inaugurée en 1969, marque l'entrée du chenal et porte un feu à éclats toutes les cinq secondes visible à 16 milles nautiques. Il signale également la côte basse et uniforme d'Ashdod, sans repère naturel depuis le large. Une tour annexe de signalisation lumineuse sur le brise-lames sud complète le dispositif. Les abords extérieurs du port sont accessibles depuis la promenade maritime d'Ashdod.

5. Phare d'Haïfa Nord (Rosh Hanikra), Rosh Hanikra

Rosh Hanikra (la «tête des grottes» en hébreu) est le cap rocheux à l'extrémité nord du littoral israélien, à la frontière libanaise. Le phare britannique construit en 1931, une tour carrée en béton de 19 mètres au sommet de la falaise blanche de craie, porte un feu à éclats toutes les huit secondes visible à 14 milles nautiques, couvrant les approches nord de la baie de Haïfa et la côte de Nahariya. Le site est célèbre pour ses grottes marine creusées par les vagues dans la falaise calcaire, accessibles par un téléphérique. Le parc national de Rosh Hanikra est ouvert toute l'année ; le phare est visible depuis les plateformes d'observation des grottes.

6. Phare de Nahariya, Nahariya

Le phare de Nahariya, petite ville balnéaire au nord de Haïfa, est une tour de béton de 18 mètres construite dans les années 1950 sur la jetée du port de pêche local. Son feu à éclats rouges et blancs porte à 11 milles nautiques et marque le débouché côtier de la Ga'aton, le cours d'eau qui traverse la ville. C'est le phare le plus septentrional de la côte méditerranéenne d'Israël sous administration civile israélienne continue. La promenade de la plage de Nahariya passe au pied de la jetée et permet de l'observer facilement.

7. Phare de Hadera, Hadera

Le port industriel de Hadera, à mi-chemin entre Tel Aviv et Haïfa, abrite la centrale thermique de Hadera (Orot Rabin), et les cheminées de la centrale servent elles-mêmes de repères diurnes pour les navires côtiers. Le phare du port de Hadera, une tour de béton de 20 mètres construite dans les années 1970, marque le brise-lames du port charbonnier et porte un feu à éclats toutes les six secondes visible à 13 milles nautiques. Il signale les hauts-fonds sableux de la côte de Sharon et guide les cargos charbonniers vers le quai de déchargement de la centrale. L'accès au site portuaire est limité.

8. Phare de Cesarea (Caesarea), Caesarea

L'antique Césarée Maritime, fondée par Hérode le Grand au Ier siècle avant notre ère, possède dans son parc national l'une des plus belles ruines de port de l'Antiquité. Un petit feu de balisage moderne marque aujourd'hui les jetées du port antique d'Hérode reconstituées, guidant les embarcations de plaisance vers l'entrée du plan d'eau. La structure, sans être un phare historique à proprement parler, est installée sur des fondations qui remontent à l'époque hérodienne. Le parc national de Caesarea est l'un des sites archéologiques les plus visités d'Israël ; la combinaison de l'histoire antique et du balisage actif en fait un site unique.

9. Phare de Tel Aviv (port de Tel Aviv), Tel Aviv

Le vieux port de Tel Aviv (Namal Tel Aviv), réhabilité en espace culturel et de loisirs, conserve un feu de balisage sur la jetée nord, une tour en métal de 8 mètres qui émet un feu rouge signalant le brise-lames aux embarcations de plaisance. Ce port, fondé dans les années 1930 lorsque les Juifs de Tel Aviv boycottaient le port arabe de Jaffa, a été le premier port juif moderne de Palestine mandataire. Aujourd'hui désaffecté comme port de commerce, il est devenu l'un des lieux de promenade et de restauration les plus animés de Tel Aviv. Le feu de la jetée reste actif pour guider les bateaux de plaisance et les kayaks de mer.

10. Phare de Neve Yam, Atlit

Atlit, au sud de Haïfa, abrite les ruines du château des Croisés de Château Pèlerin, et la presqu'île qui les porte accueille également un feu de navigation moderne sur le promontoire sud. La tour de 15 mètres en béton, construite dans les années 1960, marque le cap d'Atlit et porte un feu à secteurs couvrant les approches de la baie de Haïfa par le sud, visible à 12 milles nautiques. La zone militaire d'Atlit (qui abrite une base navale) rend l'accès direct au phare impossible pour les civils, mais la tour est visible depuis la plage publique de Neve Yam.

Informations pratiques

Le littoral israélien se prête à une visite en deux ou trois jours depuis Tel Aviv ou Haïfa. Les phares les plus accessibles sont ceux de la vieille ville de Jaffa, d'Akko et de Rosh Hanikra — tous intégrés dans des sites touristiques bien établis. Les phares portuaires d'Ashdod et de Haïfa ne sont généralement pas ouverts aux visiteurs. La saison la plus favorable est le printemps (mars-mai) et l'automne (octobre-novembre), lorsque la chaleur est modérée. Ouvrez la carte pour localiser tous les phares israéliens et planifier votre itinéraire le long de la Méditerranée.